États-Unis : le Sénat vote un moratoire de 4 ans sur les CBDC fédérales
## Contexte Le Sénat américain a adopté à une large majorité (**85 voix contre 5**) un projet de loi sur le logement incluant une **interdiction de quatre ans** pour la Réserve fédérale (Fed) de lancer une monnaie numérique de banque centrale (CBDC). Cette décision, intégrée dans un texte sur l’accession à la propriété, marque un tournant dans le débat sur les CBDC aux États-Unis, où les craintes de surveillance de masse et de centralisation financière dominent. Le projet de loi doit désormais être examiné par la Chambre des représentants, puis par le bureau du président Donald Trump, qui…
Le Sénat américain a adopté, à une large majorité de 85 voix contre 5, un projet de loi sur le logement incluant une interdiction de quatre ans pour la Réserve fédérale (Fed) de lancer une monnaie numérique de banque centrale (CBDC). Cette décision s’inscrit dans un contexte de polarisation croissante autour des actifs numériques, entre innovation financière et craintes de surveillance de masse. Le texte doit désormais être examiné par la Chambre des représentants, puis par le bureau du président Donald Trump, qui pourrait le signer ou y opposer son veto. Ce qui s’est passé Le projet de loi, initialement centré sur l’accession à la propriété, intègre une disposition clé : une interdiction pour la Fed de développer une CBDC fédérale jusqu’en 2030. Cette mesure vise à permettre au Congrès d’évaluer les implications d’une telle monnaie, notamment en termes de contrôle des flux financiers et de risque de désintermédiation bancaire. Aucune CBDC fédérale n’était en développement actif aux États-Unis avant ce vote, mais plusieurs États, comme la Floride, avaient déjà interdit les CBDC locales. Le moratoire s’appliquerait jusqu’en 2030, date à laquelle le Congrès pourrait réexaminer la situation. Les lobbies crypto ont joué un rôle dans cette décision, craignant une centralisation accrue du système financier et une surveillance renforcée des transactions. La Fed avait jusqu’ici exploré des projets de recherche sur les paiements numériques, sans concrétisation immédiate. Pourquoi c’est important Une CBDC est une monnaie numérique émise par une banque centrale, conçue pour remplacer les billets et pièces physiques. Contrairement aux cryptomonnaies décentralisées, elle est contrôlée par une autorité centrale, ce qui soulève des questions sur la vie privée, la surveillance financière et la souveraineté monétaire. L’interdiction de quatre ans reflète les tensions entre innovation et régulation aux États-Unis, où le débat sur les actifs numériques reste vif. Sur le plan économique, cette décision pourrait avoir plusieurs répercussions. Les actifs décentralisés, comme le Bitcoin (BTC), pourraient bénéficier d’un regain d’intérêt, perçu comme une protection contre la centralisation financière. Les projets de CBDC privés, notamment les stablecoins, pourraient voir leur adoption accélérée, notamment dans les paiements transfrontaliers et la finance décentralisée (DeFi). À l’inverse, les États-Unis pourraient perdre des parts de marché face à des pays comme la Chine, où les CBDC (comme le e-CNY) sont déjà en circulation. Les investisseurs pourraient privilégier les actifs décentralisés, réduisant la pression sur les stablecoins réglementés. Cependant, l’incertitude persiste quant à l’évolution future des CBDC aux États-Unis, en attendant l’approbation du projet de loi par la Chambre des représentants et une éventuelle signature par le président Trump. À surveiller Le vote à la Chambre des représentants, attendu d’ici la fin juillet 2026, qui pourrait modifier ou confirmer la mesure. La réaction de la Fed, qui pourrait publier des clarifications sur ses projets de CBDC malgré l’interdiction. L’adoption de solutions alternatives par le secteur privé, comme des stablecoins adossés à des actifs ou des protocoles de DeFi. L’évolution du paysage réglementaire mondial, avec une possible fragmentation entre les juridictions adoptant des approches restrictives et celles favorisant les CBDC. Les mesures complémentaires incluses dans le projet de loi, notamment celles visant à faciliter l’accès à la propriété.